Chapitre 1 :
Où est notre place , nous les aidants ?!
• Épisode 1:
Quand les rôle s’inversent :
Accompagner un parent malade est une des situations les plus éprouvantes pour un enfant devenu aidant, car on ne porte pas seulement une charge physique, on voit vaciller la figure qui nous protégeait autre fois, cela crée souvent un mélange de tristesse, colère, peur, et épuisement.
Huit repères pour accompagner un parent malade sans s’oublier sois-même :
1- Accepter une vérité difficile :
Aimer ne suffit pas à guérir. Beaucoup d’enfants aidants entrent sans le vouloir dans une mission quasiment impossible ;
« Si je fais le maximum, il comprendra »
« Si je suis assez patient, il acceptera la maladie »
« Si je le veille, tout redeviendra comme avant »
Mais le déni fait parfois partie de la maladie, de la peur, de la honte, ou du besoin de garder sa dignité.
On peut accompagner quelqu’un, mais on ne pourra pas le convertir totalement. Cette distinction protège énormément.
On peut soutenir , mais on ne pas contrôler.
2- Ne pas entrer soi-même dans le déni:
On cherche souvent à minimiser ce que l’on constate ;
« Ce n’est qu’un oublie »
« Il est juste fatigué »
« Ça va passer »
Car voir la réalité fait mal. Le bon réflexe est de garder des repères concrets :
• noter certains comportements,
• écouter les observations des médecins,
• parler avec un proche extérieur,
• comparer la situation actuelle avec celle il y’a quelques mois ou un an.
Cela aide à rester dans le réel sans dramatiser.
3- La culpabilité est un piège facile pour les aidants :
Beaucoup pensent :
« Je devrais faire plus »
« Je n’ai pas le droit d’être fatigué(e) »
« S’il souffre, je ne peux pas penser à moi »
Mais un aidant épuisé finit souvent par devenir irritable, voir dépressif .
Prendre soins de soi, ce n’est pas abandonner sont parent, c’est préserver la seule personne qui peut encore l’aider.
4- Mettre des limites n’est pas de l’égoïsme :
L’enfant aidant à le droit de : dormir, sortir, rire, travailler, d’avoir une vie personnelle, de dire : « Aujourd’hui, je ne peux pas ».
Sans limite, l’aide devient une mission douloureuse où l’on disparaît.
5- Ne pas rester seul face au rôle d’aidant :
L’isolement abime énormément. Il faut essayer un peu :
• d’impliquer d’autres membres de la famille,
• de parler à un médecin,
• de chercher des groupes de parole,
• d’avoir un psychologue ou une personne de ressource,
• d’accepter l’aide dès qu’elle se présente, même une heure de relais peut changer l’équilibre mental.
6- Le déni touche souvent quelque chose de très profond :
Chez beaucoup d’hommes, reconnaître la maladie peut-être vécu comme :
• une perte de puissance,
• une humiliation,
• une peur de dépendre,
• une atteinte à l’identité.
Alors ils deviennent ; autoritaires, agressifs, incohérents, ou silencieux.
Souvent, derrière cela, se cache la PEUR et même la colère.
Comprendre cela n’excuse pas tout, mais aide à moins prendre chaque réaction comme une attaque personnelle.
7- L’aidant doit surveiller ses propres signaux d’alerte :
Quand un aidant commence à :
• ne plus dormir,
• pleurer souvent,
• perdre l’envie de voir les autres
• vivre une tension permanente,
• avoir des douleurs physiques,
• ne plus ressentir de joie,
• penser continuellement : « Je n’en peux plus ! »
Ce n’est pas une faiblesse, c’est un signal que le corps et le mental sont en surcharge.
Il faut demander de l’aide avant l’effondrement. Il ne faut jamais attendre que le corps ou le cœur disent stop.
8- La perfection n’existe pas :
Il n’existe pas d’enfant aidant parfait, il existe seulement des êtres humains qui aiment quelqu’un qui est plongé dans une situation injuste et douloureuse qui n’a pas choisi.
Certains jours on sera patient, d’autres non. Parfois on comprendra, parfois on sera en colère. Souvent le plus grand acte d’amour n’est pas de vouloir tout sauver, mais de savoir rester humain au milieu de ce qui nous échappe.
ON CROIT QUE LE PLUS DIFFICILE EST DE SOIGNER, EN RALITÉ, LE PLUS DIFFICILE EST DE TENIR.
☀️Bonne lecture☀️