Épisode 2:
Quand on devient l’aidant de son conjoint :
Souvent avec une douleur particulière une épouse ne perd pas seulement son mari d’autrefois, elle voit peu à peu disparaître l’homme avec lequel elle avait construit sa vie, ses habitudes, son intimité, ses projets, son équilibre quotidien.
Quand le mari est malade, diminué ou changé physiquement, et surtout si il est dans le déni, l’épouse peut devenir l’organisatrice de sa vie, compagne, infirmière, aide-soignante, auxiliaire de vie…, et parfois étrangère à celui qui était son partenaire.
Cette bascule est extrêmement lourde. Beaucoup d’épouses aidantes vivent; une fatigue, une solitude immense, de la culpabilité lorsqu’elles saturent, une colère qu’elles n’osent pas exprimer, un deuil progressif de la relation d’avant s’installe. Elles continuent souvent à tenir « coûte que coûte », malgré une souffrance dont elles ne parlent pas. La déchéance d’un être aimé est une épreuve insurmontable.
On peut aimer profondément son conjoint et : *ne plus le reconnaître à travers certains de ses comportements, *avoir besoin d’air, *ressentir du rejet certains jours, *vouloir fuir parfois.
Ces émotions sont humaines. Elles ne font pas de nous de mauvaises personnes, elles font simplement de nous des êtres humains .
Pour une épouse aidante aussi, les mêmes piliers deviennent essentiels :
1 accepter qu’elle ne peut pas tout réparer.
2- garder une existence personnelle.
3- préserver son corps et son sommeil.
4- demande du relais.
5- parler à quelqu’un.
6- ne pas s’enfermer dans le sacrifice total.
7- continuer à exister autrement qu’à travers la maladie du conjoint.
Le danger n’est pas seulement la maladie, le danger, c’est qu’elle finisse par prendre toute la place.
Peu à peu elle s’invite dans chaque conversation, chaque décision, chaque journée…, jusqu’à devenir le seul liens qui semble encore unir le couple, au point d’oublier qu’avant d’être un aidant et un malade, il y’avait un homme et une femme qui s’aimaient. C’est très violent physiquement.
Aider quelqu’un longtemps, demande une forme de sagesse difficile:
– Être présent sans se laisser engloutir.
– Aimer sans se détruire.
– Accompagner sans disparaître soi-même.
Et cela mérite autant de respect que de compassion.
ACCOMPAGNER QUELQU’UN NE DEVRAIT JAMAIS SIGNIFIER S’ABANDONNER SOI-MÊME.
❤️Bonne lecture❤️
Bonne continuation, tu es une source de motivation
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