Épisode 3 :
La maladie complique tout :
La maladie de mon mari n’a pas seulement bouleversé notre quotidien. Elle a aussi compliqué toute notre vie: les papiers administratifs, les rendez-vous médicaux, les droits d’aide sont pendus parce que sa carte de séjour était expirée( malgré la demande de son renouvellement qui avait pourtant été faite il y’avait plusieurs mois auparavant), les déplacements devenus presque impossible, des journées sans fin, des nuits trop courtes, de la peur permanente, et de cette impression d’être toujours entrain de lutter contre quelque chose. Et pourtant malgré tout cela, j’ai tenu, pas parce que j’étais plus forte qu’une autre femme, mais parce qu’au fond de moi, je savais qu’il fallait préserver un petit espace pour respirer .
Alors quand mon mari dormait enfin vers 21h ou le matin très tôt, j’allais nager, courir ou marcher … ce n’était pas un luxe, c’était ma façon de rester debout.
Respirer quelques instants n’est pas fuir, c’est revenir avec un peu plus de force.
Beaucoup de femmes aidantes vivent ainsi ; elles donnent à leur conjoint malade, à leur famille, à leur travail, jusqu’à s’oublier elles-mêmes.
On les appelle « courageuses », mais on ne voit pas toujours les larmes cachées, la fatigue profonde, la solitude, les angoisses, ni le combat intérieur quotidien.
ON NE MESURE PAS L’ÉPUISEMENT D’UN AIDANT AU NOMBRE D’HEURES QU’IL DORT, MAIS AU NOMBRE D’HEURE OÙ IL OUBLIE QU’IL EXISTE.
Aujourd’hui, si je raconte mon histoire, ce n’est pas seulement pour parler de la souffrance, c’est aussi pour parler de l’amour, de la dignité , de la famille et de la force que l’on découvre parfois dans les périodes les plus dures.
J’aimerais dire aux femmes aidantes, qu’elles ont le droit d’être fatiguées, de demander de l’aide, d’avoir peur et de continuer à respirer et à exister.
Pendant trois ans, j’ai accompagné mon mari avec tout l’amour que je pouvais lui donner. Et si j’ai réussi à traverser cette épreuve, c’est grâce à cette solidarité familiale .
☀️ Bonne lecture ☀️